Origine du nom de l’association

Pourquoi “STARE” ? — Sens, origines et vision

Le nom de notre association, STARE, puise sa force à la croisée de plusieurs langages, cultures et dimensions symboliques. Il s’agit d’un choix réfléchi, porteur de sens et enraciné dans une vision humaniste et transformatrice de la condition humaine.

Une racine latine fondatrice : stare, tenir debout

Le mot stare, en latin, signifie “se tenir debout”, rester ferme, être en position verticale. C’est de cette racine que dérivent des mots comme statut, stable, station, et surtout État.
Dans ce sens, stare exprime l’idée de dignité, de verticalité, de persévérance, face aux vents contraires de la vie.
Pour nous, se tenir debout, c’est refuser de plier devant le handicap ou l’exclusion, c’est choisir de rester sujet de sa propre vie, même dans la vulnérabilité. C’est incarner une force tranquille, un appel à la résistance intérieure.

Une résonance en anglais : to stare, regarder fixement

Le mot stare, en anglais, signifie regarder fixement, dévisager. Les personnes en situation de handicap connaissent bien ce regard — celui qui fige, qui juge, qui enferme.
Mais nous voulons retourner ce regard : au lieu d’être figés par les yeux des autres, nous appelons à regarder le monde avec intensité, avec lucidité, avec force. Non pas subir les regards, mais en imposer un — celui de ceux qui sont là, debout, et qui regardent en face.

Une résonance symbolique : l’étourneau (stær)

Dans les langues germaniques, on retrouve la racine st_r dans le mot stær, qui signifie étourneau en danois. Ces oiseaux sont connus pour leurs envols collectifs et mouvants, formant dans le ciel des nuées dansantes, des formes liquides, un ballet d’individus autonomes mais connectés.
L’image est puissante : comme les étourneaux, nous croyons à une société composée de millions d’individus uniques mais liés, capables ensemble de dessiner d’autres formes de vivre-ensemble. Une société fluide, mouvante, non rigide — non excluante.

Une profondeur poétique : l’Ouvert de Rilke

Rilke parle de l’Ouvert comme de cet espace où l’animal vit sans séparation, en lien direct avec le vivant, libre de toute construction mentale ou sociale.
L’homme, dit-il, “ferme l’Ouvert”, dominé par ses peurs, ses jugements, ses représentations. Mais peut-être, à travers l’art, la contemplation, la présence, peut-il retrouver cet Ouvert.
Nous croyons que les personnes en situation de handicap, loin d’être des figures de manque, peuvent être des passeurs de cet Ouvert, des catalyseurs de transformation. Elles
rappellent à la société ce qu’elle tente trop souvent d’oublier : sa propre vulnérabilité, sa propre dépendance, sa propre humanité.

STARE, donc, c’est…

Ne pas se courber, malgré la douleur, malgré les obstacles.
Tenir, avancer, construire, créer.
Se regarder soi-même sans honte, et regarder le monde avec exigence.
Refuser d’être réduit à un regard ou à un rôle passif.
Être un symbole vivant de ce que peut l’humain quand il accueille l’Ouvert.

STARE, c’est se tenir debout — pour soi, pour les autres, pour une société où chacun ait pleinement sa place, non pas comme un corps à intégrer, mais comme un membre naturel et légitime de la famille humaine.